Mythologies africaines et fiction spéculative : cartographie d’un territoire en expansion
Les mythologies africaines offrent à la fiction spéculative des systèmes narratifs autonomes (créatures, cosmologies, structures temporelles) que la SF occidentale n’a pas. Cartographie des voix et des territoires.
La science-fiction a longtemps proposé un seul futur possible. Technologique. Linéaire.
Les mythologies africaines proposent autre chose, et la fiction spéculative qui les mobilise ne produit pas une version exotique de la fiction occidentale. Elle produit quelque chose d’entièrement différent.
Ce n’est pas une observation récente. Des auteurs comme Nnedi Ofofor, Dilman Dila ou Tlotlo Tsamaase le montrent depuis des années. Mais la critique francophone n’a pas encore suffisamment cartographié ce territoire, ni les systèmes narratifs qu’il mobilise, ni les auteurs qui le travaillent, ni les implications pour la fiction contemporaine.

La rencontre entre ces deux univers semble évidente. Elle devrait produire des oeuvres en abondance. Elle reste pourtant encore discrète, surtout dans l’espace francophone.
Pourquoi ? Et surtout : qu’est-ce que cette rencontre produit quand elle a lieu ?
C’est le territoire qu’AfroFutures Lab cartographie ici, non de façon exhaustive, mais comme une première exploration d’un espace narratif en pleine expansion.
1. Le paradoxe : une richesse narrative immense, une présence encore discrète
Il faut commencer par nommer le paradoxe.
L’Afrique est l’un des continents les plus riches narrativement au monde. Ses traditions orales, ses cosmogonies, ses systèmes de croyances constituent un réservoir d’histoires, de figures et de logiques du monde d’une densité que peu de traditions égalent. Les panthéons yoruba, fon, akan, bantu, peul, ndebele, pour n’en citer que quelques-uns, comportent des divinités aux contradictions humaines, des créatures aux règles d’existence autonomes, des visions du temps et du collectif qui ouvrent des possibilités narratives entières.
Et pourtant.
Quand on parcourt les rayons de la science-fiction et de la fantasy, l’Afrique est souvent absente. Ou présente comme décor (une savane, un village, un arrière-plan exotique) plutôt que comme source d’une logique narrative propre.
Ce n’est pas une simple lacune éditoriale. C’est le signe d’un problème plus profond : pendant longtemps, les imaginaires africains n’ont pas été perçus comme des systèmes narratifs, c’est-à-dire comme des ensembles cohérents de règles du monde, de structures dramatiques, de façons de penser le temps et le conflit, mais comme des folklores à documenter ou des couleurs locales à emprunter.
La distinction est décisive. Un folklore emprunté produit de l’exotisme. Un système narratif habité produit de la fiction.
Ce que le marché anglophone a compris avant le marché francophone
La fiction spéculative africaine anglophone a connu une expansion significative depuis le début des années 2010, avec des anthologies comme AfroSF (2012), Africa Risen (2022), ou Dominion: An Anthology of Speculative Fiction from Africa and the African Diaspora (2020). Des prix spécifiques comme le Nommo Award (créé en 2017 par la African Speculative Fiction Society) ont contribué à structurer et valoriser ce champ.
L’espace francophone accuse un retard visible, non par manque d’auteurs, mais par manque d’espaces éditoriaux et critiques dédiés. C’est précisément l’une des lacunes qu’AfroFutures Lab cherche à contribuer à combler.
2. Les créatures mythologiques africaines comme systèmes narratifs autonomes
Pour comprendre ce que les mythologies africaines apportent à la fiction spéculative, il faut partir des créatures, non pas comme curiosités anthropologiques, mais comme systèmes narratifs.
Une créature de fiction n’est pas seulement une entité à l’apparence étrange. Elle est le porteur d’un ensemble de règles : ce qu’elle peut faire, ce qu’elle ne peut pas faire, ce qui la menace, ce qu’elle désire, comment elle se situe par rapport aux humains. Ces règles définissent les possibilités dramatiques qu’elle ouvre ou ferme dans un récit.
Les créatures issues des mythologies africaines portent des règles qui n’empruntent rien aux archétypes de la fantasy occidentale. C’est précisément ce qui les rend narrativement précieuses.
Mami Wata : la divinité des eaux et ses contradictions
Mami Wata est l’une des figures les plus répandues de la mythologie africaine subsaharienne et diasporique. Présente dans les traditions côtières de l’Afrique de l’Ouest et centrale, dans les Caraïbes, au Brésil, elle est associée à l’eau, à la richesse, à la séduction et au danger.
Dans les représentations les plus connues, elle apparaît comme une figure mi-humaine, mi-serpentine, mais cette description ne capture pas l’essentiel. Ce qui fait la richesse narrative de Mami Wata, c’est son ambiguïté constitutive. Elle n’est ni bonne ni mauvaise au sens occidental du terme. Elle peut guérir ou tuer, enrichir ou ruiner, protéger ou posséder. Sa relation aux humains est faite d’attraction et de danger simultanés, sans que l’un annule l’autre.
Pour un auteur de fiction spéculative, cela ouvre des possibilités dramatiques entièrement différentes de celles que permettrait une sirène d’autres cieux, figure dont la malignité ou la bienveillance est généralement définie dès le départ. Avec Mami Wata, le conflit ne vient pas d’un affrontement entre bien et mal, mais d’une relation à une puissance dont les termes ne correspondent pas aux catégories morales habituelles.
L’Adze : un vampire qui invente ses propres règles
L’Adze est une créature des traditions Ewe, peuple présent au Ghana, au Togo et au Bénin. De jour, il prend la forme d’une luciole. De nuit, sous sa forme humanoïde, il s’attaque aux humains, particulièrement aux enfants.
Ce qui est narrativement frappant dans l’Adze, ce n’est pas sa dangerosité. C’est l’autonomie de son système de règles. Aucun des marqueurs habituels du vampire occidental ne s’applique : pas de croix, pas d’ail, pas de cercueil, pas de transformation par morsure. L’Adze a ses propres conditions d’existence, ses propres vulnérabilités, ses propres logiques d’action.
C’est précisément cette autonomie qui en fait une matière première précieuse. Un auteur qui travaille avec l’Adze ne peut pas simplement transposer les codes du genre vampirique, il doit habiter un système de règles différent, ce qui l’oblige à construire un récit différent dans sa structure même.


Le Popobawa : l’ambiguïté comme définition
Le Popobawa est une figure des îles de Zanzibar. Son nom vient du swahili : « chauve-souris à aile ». Il est capable de prendre n’importe quelle forme et ses apparitions sont associées à des épisodes de terreur collective.
Ce qui distingue le Popobawa de la plupart des créatures de la fantasy occidentale, c’est que sa nature oscille délibérément entre plusieurs registres : entité surnaturelle, phénomène social, expression collective d’une anxiété culturelle. Les témoignages de ses apparitions ne peuvent pas être séparés des contextes socio-politiques dans lesquels ils se produisent, ce qui fait du Popobawa une créature dont l’ambiguïté n’est pas un manque de définition, mais sa définition même.
Pour la fiction spéculative, qui s’intéresse souvent aux frontières entre le réel et l’imaginaire, entre l’individuel et le collectif, entre la croyance et le fait, le Popobawa est une figure d’une richesse considérable.
3. Les cosmologies africaines : temporalité, ancêtres, collectif
Au-delà des créatures, ce sont les cosmologies, c’est-à-dire les visions du monde organisées, les façons de penser le temps, la mort, le collectif et le pouvoir, qui constituent l’apport le plus profond des mythologies africaines à la fiction spéculative.
Trois dimensions méritent d’être examinées.
La temporalité non-linéaire
Dans de nombreuses traditions africaines, le temps n’est pas une ligne droite allant du passé vers le futur. C’est un espace où plusieurs temporalités coexistent, les ancêtres ne sont pas forcément « dans le passé », ils sont présents, actifs, capables d’intervenir dans les affaires des vivants.
Pour la fiction spéculative, qui travaille souvent avec des structures temporelles complexes, cette vision ouvre des possibilités narratives distinctes de celles que permet la SF traditionnelle. Ce n’est pas du voyage dans le temps au sens technologique du terme, c’est une façon différente de concevoir la relation entre les générations, où le passé n’est pas révolu mais vivant, et où les morts ne sont pas absents mais présents sous d’autres formes.
L’implication narrative est décisive : dans un récit qui habite cette temporalité, un personnage n’est jamais seul. Il porte avec lui des ancêtres qui peuvent conseiller, avertir, se tromper, intervenir. Le passé est un personnage à part entière.
Le collectif comme force dramatique
La fiction occidentale dominante est construite sur l’individu, son désir, son arc de transformation, sa résolution. Le collectif y est souvent un contexte, un obstacle ou un soutien au parcours individuel.
Dans de nombreuses traditions narratives africaines, le collectif a un poids dramatique propre. Les erreurs d’un personnage appartiennent à plus grand que lui. Ses décisions engagent sa communauté, ses ancêtres, parfois des générations futures. Les enjeux du récit ne se jouent pas seulement à l’échelle d’une vie individuelle.
Ce n’est pas une limitation dramatique, c’est une autre façon de construire les enjeux. Quand le destin individuel est inséparable du destin collectif, chaque décision a plus de poids, pas moins.
Les systèmes moraux non-binaires
La distinction entre bien et mal, entre forces de lumière et forces d’obscurité, structure une grande partie de la fantasy occidentale depuis Tolkien. Les divinités et figures de pouvoir des mythologies africaines fonctionnent souvent selon une logique différente.
Les Orishas yoruba, les divinités du panthéon fon, les esprits de nombreuses traditions africaines ne sont pas intrinsèquement bons ou mauvais. Ils sont puissants, ils ont leurs propres désirs et logiques, ils peuvent aider ou nuire selon des conditions qui ne se réduisent pas à une opposition morale simple.
Pour la fiction, cela signifie des conflits narratifs construits différemment, non pas sur l’affrontement du bien et du mal, mais sur la négociation avec des puissances dont les règles ne correspondent pas aux attentes humaines.
4. Des auteurs qui habitent ce territoire
La question n’est pas théorique. Des auteurs travaillent déjà depuis ces mythologies et ces cosmologies et ce qu’ils produisent confirme que la rencontre entre fiction spéculative et imaginaires africains génère des récits qui ne ressemblent à rien d’autre.
Nnedi Okorafor : habiter les cosmologies yoruba et igbo
Nnedi Okorafor est aujourd’hui l’une des voix les plus importantes de la fiction spéculative mondiale. Née aux États-Unis de parents nigérians, elle puise dans les traditions yoruba et igbo pour construire des univers qui refusent la séparation entre technologie et magie, entre passé et futur, entre humain et non-humain.
Dans Binti (2015) et sa suite, une jeune femme de l’ethnie Himba quitte sa famille et ses traditions pour étudier dans la meilleure université de l’univers, et se retrouve au coeur d’un conflit entre humanité et espèce extraterrestre. Ce qui est remarquable dans ce récit, c’est que les traditions Himba, leurs ornements rituels, leurs pratiques de connexion à la terre, ne sont pas du folklore décoratif : elles sont les clés narratives qui permettent à la protagoniste de résoudre le conflit.
Dans Who Fears Death (2010), roman post-apocalyptique situé dans un futur Soudan, les forces surnaturelles obéissent à une logique qui n’emprunte rien à la fantasy occidentale. Les pouvoirs de la protagoniste Onyesonwu viennent de sa connexion à un système de croyances qui a ses propres règles et ces règles structurent le récit de façon interne, pas comme décor.
Ce qu’Okorafor démontre, c’est qu’habiter une cosmologie africaine dans la fiction ne produit pas une SF « africaine » par opposition à la SF « universelle ». Cela produit une SF différente dans sa structure même avec d’autres façons de penser le conflit, la résolution, et ce que signifie être humain.
Dilman Dila : la fiction spéculative ougandaise et ses propres règles
Dilman Dila est un écrivain et cinéaste ougandais dont l’oeuvre constitue l’une des explorations les plus cohérentes de la fiction spéculative africaine anglophone. Ses recueils de nouvelles, notamment A Killing in the Sun et Where Rivers Go to Die, ancrent leurs récits dans les traditions d’Afrique de l’Est sans jamais en faire de la documentation.
Ce qui caractérise l’écriture de Dila, c’est précisément ce qu’il a lui-même théorisé : le refus de séparer la magie de la science, la conviction que les histoires, qu’elles soient des contes oraux, des urban legends ou de la fiction spéculative, obéissent aux mêmes logiques fondamentales, et que les genres créés par l’industrie éditoriale occidentale ne correspondent pas aux façons dont les récits africains fonctionnent réellement.
Ses nouvelles intègrent des êtres surnaturels issus des traditions ougandaises dans des contextes contemporains sans que cette intégration ne soit jamais présentée comme un choc ou une anomalie, c’est simplement la texture du monde dans lequel ses personnages vivent. Cette naturalisation du surnaturel africain dans la fiction contemporaine est l’un de ses apports narratifs les plus importants.
Dilman Dila en quelques repères
Écrivain et cinéaste ougandais · Auteur de A Killing in the Sun (2014) et Where Rivers Go to Die, lauréat du prix Nommo de la fiction spéculative africaine (2017), finaliste du Prix du Commonwealth de la nouvelle (2013). Résidence d’écriture à l’Iowa International Writers Program (2017). Cinéaste : The Felistas Fable (Film de l’année, Festival du film d’Ouganda 2014)


Tlotlo Tsamaase : le Botswana comme territoire de fiction
Tlotlo Tsamaase est une autrice Botswanaise dont l’oeuvre représente l’une des voix les plus originales de la fiction spéculative africaine contemporaine. Lauréate du Nommo Award et finaliste du Caine Prize, ses récits ancrent systématiquement leurs univers dans les traditions et la géographie du Botswana, non comme couleur locale, mais comme logique narrative.
Son premier roman, Womb City (2024, Erewhon Books), se déroule dans un Botswana futuriste cyberpunk. La technologie d’échange de corps y est au coeur du récit mais ce qui rend l’oeuvre remarquable, c’est la façon dont Tsamaase articule cette technologie avec les croyances traditionnelles sur la réincarnation. Ses personnages se demandent si la réincarnation numérique offerte par la technologie les empêche d’accéder à l’au-delà de leurs ancêtres. Le conflit entre le moderne et le traditionnel n’est pas traité comme une opposition, c’est une tension vécue de l’intérieur.
Son personnage principal est également hanté par Matsieng, une divinité ancienne du Botswana liée à des grottes souterraines mystérieuses et cette présence divine s’articule avec les mécanismes du thriller politique et de la SF cybernétique d’une façon qui, selon les mots d’une critique, « ne pourrait être écrite que par une autrice Botswanaise ».
C’est précisément là l’enjeu : Womb City n’est pas de la SF qui se déroule en Afrique. C’est de la SF qui pense depuis l’Afrique, depuis ses mythologies, ses contradictions, ses logiques propres.
Tlotlo Tsamaase en quelques repères
Écrivaine de fiction spéculative et poète Botswanaise · Auteure de Womb City (2024, Erewhon Books) et The Silence of the Wilting Skin (2021) · Lauréate du prix Nommo (première autrice Botswanaise à remporter ce prix) · Finaliste du prix Caine · Bénéficiaire du programme Rolex Mentor and Protégé Arts Initiative · Publications dans Clarkesworld, Strange Horizons, Africa Risen et l’anthologie Africanfuturism
Natasha Bowen – réinterpréter les figures de fondation
Natasha Bowen, autrice britannique d’origine nigériane et galloise, représente une autre modalité de cet univers, celle de la réinterprétation des figures mythologiques africaines dans la fiction pour jeunes adultes.
Son roman Skin of the Sea (2021) réécrit le mythe de Yemoja, divinité yoruba des eaux, en lui conférant une protagoniste qui est à la fois une survivante de la traite négrière et une incarnation de la déesse. Ce qui est narrativement intéressant dans ce choix, c’est que Bowen ne réduit pas Yemoja à un symbole, elle lui restitue une complexité d’action, une capacité de transgression et de décision que la figure mythologique originelle n’a pas toujours. C’est un exemple de ce que la fiction peut faire que le mythe ne fait pas encore : explorer les marges et les silences du récit fondateur.


5. Pourquoi ce n’est pas de l’exotisme
Une objection revient souvent quand on parle de fiction spéculative africaine : ne s’agit-il pas simplement de déplacer le cadre géographique tout en conservant les mêmes structures narratives ? De remplacer les elfes par des Orishas et les dragons par Mami Wata ?
La réponse est non et la distinction mérite d’être explicitée.
L’exotisme consiste à emprunter des éléments d’une culture pour les intégrer dans un récit dont la logique narrative reste étrangère à cette culture. Les créatures africaines deviennent des décors, les mythologies des accessoires, les traditions locales des « twists » culturels dans un récit dont les structures fondamentales, – son rapport au temps, au conflit, à la résolution, à la morale – restent celles de la fantasy occidentale dominante.
Ce que font les auteurs évoqués dans cet article, c’est autre chose. C’est habiter une logique narrative, adopter non seulement les créatures et les figures mythologiques, mais les structures du temps, les systèmes moraux, les façons de penser le collectif et la résolution qui viennent avec.
Quand Dilman Dila écrit un récit où la frontière entre les morts et les vivants est poreuse, il ne « rajoute » pas un élément africain à une structure narrative occidentale. Il écrit depuis une cosmologie où cette porosité est normale et cela change la forme même du récit, pas seulement son décor.
Quand Tlotlo Tsamaase construit un conflit autour d’une divinité ancienne dont les règles d’existence ne correspondent pas aux catégories morales habituelles, elle n’introduit pas de l’exotisme dans un thriller cyberpunk. Elle pense le conflit depuis un système de valeurs différent et cela produit un récit différent.
Utiliser vs habiter : la distinction en pratique
Utiliser les imaginaires africains
Emprunter des noms de créatures, des visuels, des « couleurs locales » dans un récit dont les structures narratives restent celles de la fantasy occidentale. La mythologie africaine comme décor ou comme twist.
Habiter les imaginaires africains
Adopter les logiques narratives (temporalité, rapport au collectif, systèmes moraux) qui viennent avec les figures mythologiques. La mythologie africaine comme système de pensée qui structure le récit de l’intérieur.
Ce n’est pas une tendance. C’est une redéfinition.
Ce que produit la rencontre entre mythologies africaines et fiction spéculative, quand elle est habitée plutôt qu’empruntée, ce ne sont pas des récits africains qui ressemblent à la SF occidentale avec une touche d’exotisme. Ce sont des récits dont la structure même (le rapport au temps, aux ancêtres, au collectif, aux systèmes moraux) est différente.
Cette différence n’est pas un manque. C’est une expansion du champ de ce que la fiction peut faire.
Des créatures dont les règles d’existence n’empruntent rien aux archétypes établis. Des conflits narratifs construits non sur l’opposition bien/mal mais sur la négociation avec des puissances aux logiques propres. Des temporalités où le passé est vivant et les morts sont présents. Des enjeux où l’individuel est inséparable du collectif.
Ces outils narratifs existent. Ils sont dans les mythologies et les cosmologies africaines pas comme patrimoine à archiver, mais comme matière vivante que la fiction contemporaine peut habiter.
AfroFutures Lab documente ce territoire, analyse ces oeuvres, et cherche à contribuer à rendre plus visible une fiction qui est en train de redéfinir ce que l’imaginaire peut contenir.
Ce n’est pas une tendance. C’est une redéfinition.
Bibliographie :
· Nnedi Okorafor – Who Fears Death (2010) / Binti (2015)
· Dilman Dila – A Killing in the Sun (2014) / Where Rivers Go to Die
· Tlotlo Tsamaase – Womb City (2024, Erewhon Books) / The Silence of the Wilting Skin (2021)
· Natasha Bowen – Skin of the Sea (2021)
· Sheree Renée Thomas, Zelda Knight, O.D. Ekpeki (eds.) – Africa Risen (2022)
· O.D. Ekpeki, Oghenechovwe (ed.) – Dominion: An Anthology of Speculative Fiction from Africa and the African Diaspora (2020)
